Un réseau pour les nouvelles pratiques sonores

City Sonics comme véhicule sonore des arts plastiques, visuelles, électriques et tous dispositifs multimédia

En juin 2006, City Sonics fêtera ses 4 ans de bouillonnement créatif. Parcours d’art sonore dans la ville de Mons, City Sonics a réussi à ouvrir à un large public les portes de ce phénomène qu’est devenu l’art audio, genre hybride entre les arts plastiques, les musiques contemporaines et électroniques, la création radiophonique et les dispositifs multimédia. Des milliers de visiteurs y ont (re)trouvé le plaisir de l’écoute et participé à un dialogue original entre les œuvres et les architectures pour lesquelles elles ont été conçues ou adaptées. Pour son édition 2006, le réseau City Sonics s’étend à Mons (avec, entre autres, un espace d’exposition ouvert également pendant l’année dans les anciens frigos du site des Abattoirs, fraîchement rénovés) mais aussi
dans le Nord-Pas-de-Calais (Maubeuge/Festival les Folies, Lille/Palais des Beaux Arts) et entamera une descente, en juillet, jusqu’au pont d’Avignon… « on y chante tous en sons » !

Depuis sa création en juin 2003, sous l’impulsion de Jean-Paul Deplus (échevin de la culture de la Ville de Mons), de Philippe Franck (directeur de Transcultures et directeur artistique de la manifestation) et sous les bons auspices de Jean-Paul Dessy (directeur de Musiques Nouvelles), City Sonics a recueilli un intérêt grandissant tant des publics que des partenaires ou des médias belges et étrangers. L’édition 2006 s’annonce tout aussi passionnante avec un parcours redessiné dans le centre ville montois qui passe principalement par la salle Saint-Georges, le couvent de la FUCAM, la médiathèque, la maison Folie, les anciens Abattoirs rénovés et la Machine à Eau.

Dans la Margin Hall

Aile gauche de la maison Folie, espace ouvert aux émergences et aux rencontres transversales, sont conviés une sélection d’étudiants de l’ESAPV (Mons) mais aussi de l’ENSAV, La Cambre (Bruxelles) qui montreront des travaux proposant une forte dimension sonore. «Un comité d’accompagnement composé d’enseignants a été mis sur pied afin d’optimiser les projets, explique Philippe Franck. C’est une première que nous comptons développer dans les éditions à venir dans un souci d’émulation et de développement des jeunes talents issus de la région et d’échanges avec d’autres écoles et partenaires européens. City Sonics accueillera également des jeunes artistes en résidence à Mons dans le cadre des Pépinières européennes ».

Dans une riche programmation (une trentaine d’œuvres in situ, pour la plupart des créations) qui s’ouvre à toutes les dimensions du son, citons l’explorateur sonore niçois, Pascal Broccolichi le pianiste improvisateur espagnol Josep-Maria Balanyà avec une sculpture sonore métallique percussive, le musicien Alexander MacSween, (collaborateur de Marie Brassard que l’on a pu voir récemment au festival Via et précédemment en compagnie de Robert Lepage), tracera un trait d’union poétique entre des voix montoises et montréalaises, mais aussi le vidéaste lillois Régis Cotentin et ses visages fugitifs d’inconnus dont s’échappent des voix fantomatiques, Alexi Destoop, artiste multimédia, plasticien et réalisateur, collaborant avec le musicien Eavesdropper (dont on a pu notamment apprécier les musiques de spectacle écrites pour Wim Vandekeybus) ou encore le plasticien sonore Jérôme Poret (directeur artistique de Transpalette à Bourges) dans une création inspirée par la belgitude…

En 2006 City Sonics nous réservera plein de surprise

City Sonics 2006 nous réservera donc plein de surprises et permettra à des œuvres plus imposantes de se déployer dans des espaces plus vastes que lors des éditions précédentes. La création radiophonique ne sera pas en reste avec – nouvelle formule – les «goûters d’écoute» proposés par Arte Radio, divers labels indépendants ou encore Pascale Tison, écrivain et réalisatrice radiophonique présente depuis les débuts de la manifestation. Le volet dédié aux performances live qui émaillent la manifestation sera lui aussi renforcé.

En partenariat avec Musiques Nouvelles, on prévoit, entre autres concerts, pour l’ouverture en juin et également dans le cadre de la Fête de la Musique, une nouvelle création de Christian Fennesz, héros viennois de la scène électronique, avec Jean-Paul Dessy sur des images signées Gustav Deutsch (un des grands vidéastes expérimentaux de ces dernières décennies) mais aussi un concert du jeune duo électro québecois Avia Gardner. En clôture de la manifestation est prévu un set VJ de Régis Cotentin avec le jeune musicien électronique/post-rock bruxellois aMute également présent lors de City Sonics en 2004 ainsi que d’autres performances surprises à la fois ludiques et créatives. Associé au CECN et à technocITé pour les activités de sensibilisation qui accompagnent la création sonore et son exposition, City Sonics propose dès la fin mai, une première introduction aux musiques en ligne suivie d’une fanfare IP emmenée par Jérôme Joy et Peter Sinclair, compositeurs et coordinateurs du troisième cycle Locus Sonus consacré aux nouvelles pratiques sonores et qui réunit les Ecoles Supérieures d’Art d’Aix-en-Provence et la Villa Arson de Nice.

Autre atelier inédit

La web radio d’Apo33, collectif nantais qui travaille sur la mise en place d’outils critiques propres aux nouvelles pratiques sonores dans les réseaux urbains et Internet. Le son sans frontières traverse aisément l’euro région pour relier à Mons des structures partenaires du Nord-Pas de Calais : le manège de Maubeuge (Scène nationale) et son festival Les Folies qui, chaque année, propose des performances et installations aussi insolites que jubilatoires dans le centre de Maubeuge, mais aussi le Palais des Beaux-Arts de Lille qui co-produira des œuvres où son et image (vidéo avec la création de Gustav Deutsch, Fennesz et Musiques Nouvelles et cinéma avec la Passion de Jeanne d’Arc de Dreyer, chef d’œuvre du cinéma muet mis en musique par Jean-Paul Dessy et David Nunez, violoniste virtuose de Musiques Nouvelles) dialoguent amoureusement.

City Sonics sera aussi, pour la première fois, présent au Festival off d’Avignon au mois de juillet. À la Manufacture, sans doute un des théâtres les plus innovants dans la programmation off avignonnaise, Isa Belle proposera, à l’aide de bols de métal et de cristal aux riches harmoniques et d’huiles essentielles, ses délicieux massages sonores (une antique tradition tibétaine qu’elle a réadaptée) qui ont ravi l’été dernier tant les Montois que les Maubeugeois, tandis qu’au Centre d’aide au Travail Cécilia74, des environnements sonores (réalisés, entre autres, par Jérôme Deuson et Paradise Now) produits par City Sonics seront également présentés.

«City Sonics entend pérenniser et ancrer encore davantage son action pendant la saison à Mons, enchérit Philippe Franck. C’est dans cette optique que des installations, expositions ou performances audio-visuelles investiront régulièrement les anciens frigos du site des Abattoirs rénovés par le bureau d’architectes montois Matador, responsable, entre autres, de la rénovation de la maison Folie. Ainsi, parallèlement à l’ouverture de l’exposition 6 années d’acquisition de Michel De Reymaecker (conservateur des musées communaux) orientée vers les jeunes plasticiens dans la grande hall et dans les anciennes étables, l’aile droite des Abattoirs présentera une exposition multimédia conçue par Lab[au], collectif d’artistes pluridisciplinaires dont les œuvres futuristes ont été présentées lors des Netd@ys Wallonie- Bruxelles mais aussi à Avignon, au Bauhaus de Berlin ou encore au festival de Cannes.» Liquid Space est la résultante de trois ateliers de «création collective» dirigés par Lab[au] à Séoul, Amsterdam et Bruxelles.

Six tables interactives avec lesquelles le visiteur est invité à jouer à l’aide d’un joystick accueillent les créations des différents artistes tandis qu’un grand écran diffuse ces formes de «métadesign» où son, image et espace en mouvement se répondent en de multiples échos. Autant de croisements entre les sens et d’interactions ludiques, poétiques ou prospectives que City Sonics, devenu un label de qualité tant à un niveau (inter)régional qu’international, nous propose de découvrir.

Renseignements sur le contenu

Publié le 2006-05-04

Source Texte : www.cecn.com, magazine des Arts de la Scène et des Ecritures Numériques n.4